by Christophe ROBIN

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CPF : la VAE écartée du surcoût annoncé, un nouveau pas vers sa réhabilitation

Après deux années que l’UFCVAE considère comme une période de « maltraitance » du dispositif, la validation des acquis de l’expérience semble retrouver une place plus « honorable » dans les orientations publiques. Après le retour du financement des parcours VAE par Transitions Pro pour les salariés du secteur privé, son exclusion de la majoration annoncée de la participation au CPF constitue un nouveau pas vers sa réhabilitation. L’UFCVAE appelle désormais à aller plus loin : supprimer la participation forfaitaire obligatoire pour les parcours VAE.

Transitions Pro : un premier signal de relance pour les salariés

Le retour du financement des parcours VAE par Transitions Pro a constitué une première avancée. Le décret du 27 juillet 2026 a redonné un cadre au financement de certaines dépenses des parcours des salariés de droit privé, sur la base d’un forfait de 2 000 €.

Cette possibilité de prise en charge ouvre à nouveau une perspective pour les salariés souhaitant faire reconnaître leur expérience. Elle reste soumise aux conditions d’éligibilité, aux priorités d’intervention et aux capacités de financement de l’association Transitions Pro concernée. Les modalités pratiques et le calendrier d’accès sont à vérifier dans chaque région.

Pour l’UFCVAE, ce retour marque une première étape vers la remise en mouvement du dispositif. L’annonce concernant le CPF vient aujourd’hui prolonger cette dynamique.

CPF : une nouvelle avancée, avec l’exclusion de la majoration envisagée

Dans une publication du 2 octobre 2026, Mon Compte Formation présente les évolutions prévues par le projet de loi de finances pour 2027. Certaines demandes validées à compter de cette date pourraient entraîner un complément de participation obligatoire, à régler en 2027, pouvant atteindre 200 €.

La publication précise explicitement que les démarches de VAE ne sont pas concernées par ces évolutions. C’est une information importante pour les candidats qui envisagent de mobiliser leur compte personnel de formation pour faire reconnaître leur expérience.

Il convient néanmoins de distinguer l’annonce de son application définitive : le complément envisagé dépend encore de la publication de la loi de finances et des règles réglementaires correspondantes.

L’exclusion de la VAE de cette majoration ne signifie pas la suppression de la participation forfaitaire de base, fixée à 150 € en 2026, sauf exonération applicable.

Après deux ans de « maltraitance », la VAE redevient-elle « honorable » ?

Le terme est fort. Il traduit la lecture que l’UFCVAE porte sur les difficultés rencontrées par le dispositif et sur le décalage entre les ambitions affichées de développement de la VAE et les conditions concrètes d’engagement des candidats.

Une politique de reconnaissance de l’expérience perd sa cohérence lorsque les personnes qu’elle entend soutenir doivent composer avec des incertitudes et des obstacles financiers. Pour un candidat, une hésitation sur le financement peut suffire à différer un projet pourtant mûri depuis longtemps. Pour les professionnels de l’accompagnement, elle complique la construction d’un parcours réaliste.

Dans ce contexte, le retour du financement par Transitions Pro, puis la préservation de la VAE d’un surcoût supplémentaire au CPF, méritent d’être salués. Ces deux signaux successifs permettent d’espérer une inflexion : l’UFCVAE y voit les premiers signes d’une réhabilitation de la reconnaissance des compétences acquises dans les choix publics.

La VAE semble ainsi redevenir « honorable ». Mais cette reconnaissance doit se traduire par une politique durable, des financements lisibles et un accès effectif au conseil et à l’accompagnement.

Reconnaître l’expérience : un investissement utile pour la Nation

La VAE permet d’obtenir tout ou partie d’une certification à partir des compétences acquises par l’expérience. Elle ouvre une voie de qualification à des personnes qui maîtrisent déjà des activités professionnelles sans toujours posséder le diplôme correspondant.

Son intérêt économique découle de ce principe : lorsque les compétences sont déjà acquises, il peut être plus pertinent de financer leur évaluation et leur reconnaissance que de financer un cursus complet pour les apprendre à nouveau.

À certification comparable et lorsque l’expérience correspond au référentiel, la VAE peut donc représenter une solution moins coûteuse qu’un parcours complet de formation. Les économies potentielles concernent les dépenses pédagogiques, mais aussi le temps consacré au parcours et les contraintes d’organisation pour le candidat et son employeur.

Cette comparaison doit tenir compte de chaque situation : l’accompagnement, les frais de jury et d’éventuelles formations complémentaires ont un coût. La VAE ne remplace pas toutes les formations et l’obtention de la certification n’est pas automatique.

Elle mérite néanmoins d’être pleinement considérée dans les politiques de maîtrise des dépenses. Éviter de financer des apprentissages déjà maîtrisés constitue un principe de bonne utilisation des ressources collectives.

Supprimer la participation forfaitaire pour soutenir la relance

L’UFCVAE propose de franchir une étape supplémentaire : exonérer les parcours VAE de la participation forfaitaire obligatoire au CPF.

Cette proposition serait cohérente avec une priorité de relance du dispositif. Si l’objectif est d’encourager davantage de personnes à faire reconnaître leurs compétences, réduire les obstacles à l’entrée constitue un levier concret.

La participation demandée peut peser sur la décision d’un candidat, même lorsque ses droits CPF permettent de couvrir le prix du parcours. Elle s’ajoute parfois à d’autres contraintes : disponibilité, déplacements, démarches administratives ou dépenses personnelles.

L’argument de la responsabilisation mérite également d’être discuté. Un candidat à la VAE s’engage déjà dans un travail exigeant d’analyse de son expérience, de constitution de preuves et de préparation à l’évaluation. Cet investissement personnel témoigne de son implication.

Supprimer cette participation constituerait un choix en faveur de la qualification et de la reconnaissance du travail accompli. Les économies que peut permettre la VAE devraient être prises en compte dans l’évaluation de cette mesure, au-delà de la seule recette immédiate procurée par le forfait.

Après le retour du financement par Transitions Pro pour les salariés du secteur privé, l’UFCVAE accueille favorablement ce nouveau pas que constitue l’exclusion annoncée de la majoration du CPF. Elle appelle les pouvoirs publics à prolonger ces avancées par une exonération de la participation de base et par des conditions de financement stables. Reconnaître l’expérience doit devenir une priorité concrète, accessible aux candidats.

Source principale : Mon Compte Formation — Évolution des règles d’utilisation du CPF à compter du 2 octobre 2026, publication du 2 octobre 2026.